Accueil » Actualité Santé » Coronavirus chinois, ce qu’il faut savoir sur le 2019-nCoV

Coronavirus, ce qu’il faut savoir sur le 2019-nCoV

Virions de coronavirus vus au microscope
Vue microscopique de virions de type Coronavirus. Crédits : Wikipedia
Partager

Depuis début décembre 2019, une épidémie mortelle due à un nouveau coronavirus, qui trouve son origine dans la ville de Wuhan, en Chine, se propage dans le monde. Qu’est-ce qu’un coronavirus ? Pourquoi le 2019-nCoV est-il inquiétant ? Quels sont les réservoirs potentiels de ce pathogène ?

Qu’est-ce qu’un coronavirus ?

Les coronavirus, ou plus familièrement « CoV », constituent une importante famille de virus. Ils tiennent leur nom de l’apparence des virions – un virion est une particule virale – au microscope, qui se caractérise par une frange de protubérances entourant toute l’enveloppe, comme pour former une « couronne » – Corona, en latin. Coronavirus signifie donc « virus à couronne ».

Pour vous familiariser avec le sujet, vous pouvez au préalable lire mon dossier sur les différences entre virus, bactéries et microbes.

Cette famille de pathogène peut provoquer diverses maladies, allant du simple rhume à des syndromes plus graves tels que le SRAS – Syndrome Respiratoire Aigu Sévère -, le MERS – de l’anglais Middle-East Respiratory Syndrome, ou syndrome respiratoire du Moyen-Orient -… ou l’épidémie de pneumonie dite « de Wuhan » – la ville d’origine du syndrome, en Chine -, qui fait trembler la population mondiale depuis près de deux mois.

L’université américaine John Hopkins a par ailleurs développé une carte de l’épidémie en temps réel, avec les données de l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé -, du CDC – Centers for Disease, Control and Prevention -, et de deux instituts gouvernementaux chinois.

Pourquoi le coronavirus 2019-nCoV inquiète-t-il autant ?

A l’origine, une vaste épidémie de SRAS

Pour comprendre l’inquiétude que génère le nCoV 2019, il nous faut remonter le temps jusqu’en novembre 2002. C’est à cette époque qu’est apparu le coronavirus SARS-CoV – SARS, de l’anglais Severe Acute Respiratory Syndrome -, dans la province chinoise du Guangdong.

Ce virus est responsable d’une épidémie de SRAS qui, sur une période de 10 mois jusqu’à la fin du mois d’août 2003, aurait infecté 8 096 personnes dans une trentaine de pays et causé 774 décès.

Aujourd’hui, un nouveau virus analogue

Le nouveau coronavirus, qui a infecté un peu plus de 14 600 personnes entre début décembre 2019 et le dimanche 2 février 2020, présente des similitudes avec son aîné SARS-CoV.

En effet, tous deux appartiennent au même genre Betacoronavirus et sous-genre Embecovirus – il paraît que connaître atténue la peur. De fait, ces virus provoquent des symptômes comparables :

  • fièvre,
  • toux,
  • essoufflement.

Dans les cas les plus graves, les personnes infectées par 2019-nCoV peuvent présenter une détresse respiratoire aigüe, une insuffisance rénale sévère, voire une défaillance simultanée de plusieurs organes pouvant entraîner le décès.

Au-delà des symptômes que partagent les deux pathogènes, ce qui intéresse les scientifiques – entre autres, cela va de soit – est qu’ils pourraient probablement partager le même réservoir. C’est-à-dire que la même espèce pourrait être porteuse des deux types de coronavirus et responsable de leur transmission à l’Homme.

Quels sont les réservoirs potentiels du coronavirus ?

Actuellement, les chercheurs sont encore à la recherche du point d’origine, du réservoir de ce nouveau nCoV 2019. Si aucune hypothèse n’a encore été formellement validée, on sait que les premiers cas recensés s’étaient rendus sur le marché alimentaire de Wuhan, en Chine, qui vend des poissons, des serpents, des oiseaux, etc.

Aussi les scientifiques privilégient la piste d’une transmission de l’animal à l’Homme. Partant de là, deux espèces en particulier sont dans le viseur de la recherche : les serpents et les chauves-souris.

Les serpents, une première piste

Le serpent apparaît comme un candidat plausible pour être le réservoir de ce nouveau pathogène. En effet, la comparaison de plus de 200 génomes de coronavirus infectant les animaux avec celui de 2019-nCoV montre que les séquences génétiques spécifiques à l’hôte du virus s’apparenteraient en particulier aux serpents. Ajoutez à cela que l’on retrouve fréquemment, sur le marché de Wuhan, les espèces locales de serpents Bingarus multicinctus et Naja atra : vous voici avec un coupable tout désigné. Ou presque ?

Les chauves-souris, déjà hôte du coronavirus SARS-CoV

Quelques jours plus tard, la chauve-souris apparaît comme une seconde hypothèse pour caractériser le réservoir du nouveau coronavirus. En effet, l’équipe de chercheurs ayant effectué les comparaisons génétiques précédemment décrites, suggère que nCoV 2019 seraient issu d’une recombinaison entre deux coronavirus. L’un des deux serait spécifique des chauves-souris, avec 96 % de ressemblance génétique.

Également la parenté entre 2019-nCoV et le SARS-CoV – dont le réservoir attesté est la chauve-souris – est avérée puisque les deux virus partagent 79,5 % de leur génome.

Mais chauves-souris et serpents ne sont que des pistes de réflexion. A l’heure actuelle, l’épidémie se répand comme une traînée de poudre sur la planète, tandis que les pays prennent diverses mesures de sécurité sanitaire.

Les scientifiques pour leur part, se mettent en quatre pour définir le réservoir du nouveau coronavirus et le caractériser, afin d’enrayer au plus vite cette nouvelle épidémie.

Partager
Ecrit par
Bandrui
Voir tous les articles
Laissez un commentaire

1 commentaire