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La dernière génération de synchrotron, bientôt à l’ESRF Grenoble

L'ESRF de Grenoble
Vue de l'ESRF de Grenoble, le premier équipé de la quatrième génération de Synchrotron-EBS. Crédit : ESRF, S.Candé
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Le 25 août prochain, l’accélérateur à particules dernière génération sera mis en service à l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) de Grenoble. La ville iséroise sera alors équipée du synchrotron le plus puissant au monde.

Le synchrotron-EBS, une première mondiale

Dès le 25 août 2020, le bâtiment de l’ESRF Grenoble accueillera la quatrième génération de synchrotron-EBS (Extremely Brilliant Source). Cette technologie de rayons X est à ce jour l’équipement le plus poussé dans son domaine ; une première mondiale d’envergure, pour la communauté scientifique grenobloise.

Ce projet d’installation d’un nouveau synchrotron à Grenoble, débuté il y a plusieurs années, a nécessité le soutien de 22 pays et un budget de 150 millions d’euros. L’anneau de l’accélérateur de particules a été il y a 20 mois maintenant, afin d’être remplacé par le nouveau synchrotron dernière génération.

Qu’est-ce qu’un synchrotron ?

Pour définir ce qu’est un synchrotron, laissons la parole à Jean Susini, directeur de la recherche à l’ESRF de Grenoble :

“C’est une sorte de microscope géant qui produit des rayons X. La nouveauté c’est qu’on pourra avoir un faisceau de rayons X beaucoup plus intense, beaucoup plus fin, un peu comme un laser. Cela permet de faire des images beaucoup plus précises.”

En effet, l’accélérateur à particules est un appareil dont les scientifiques ne pourraient plus se passer à l’heure actuelle. Pour cause, ce microscope géant à rayons X accélère des électrons à la vitesse de la lumière, soit 300 000 km/s, afin d’observer l’univers de l’infiniment petit avec une extrême précision.

Avons-nous bien dit “géant” ? Oui, le synchrotron-EBS se constitue d’un anneau de 900 mètres de circonférence, pour un poids de plus de 2 000 tonnes. Une configuration qui vous semble familière ? Certainement, puisqu’il s’agit du même type d’appareil que l’accélérateur de particules (synchrotron à protons) qui équipe le CERN de Genève (ce dernier fait cependant 7 km de circonférence).

Que pourra-t-on observer avec ce nouveau synchrotron-EBS ?

La nouvelle génération du synchrotron-EBS possède des faisceaux de rayons X 100 fois plus brillants que son prédécesseur ! Ainsi, il sera possible pour les scientifiques de cartographier le cerveau jusqu’au niveau des synapses (l’extrémité des neurones, qui permet la communication entre eux), afin de progresser dans la recherche médicale ou en intelligence artificielle. La visualisation en 3D des protéines sera également possible et permettra, par exemple, d’améliorer l’efficacité de médicaments existants ou en créer de nouveaux, plus adaptés et ciblés.

Par ailleurs, grâce à ce synchrotron-EBS, il sera possible d’étudier sans dommage des objets extrêmement anciens, jusqu’à 2,5 mètres de longueur. Momies dans leur sarcophage, œufs fossilisés de dinosaures, œuvres d’arts anciennes… C’est tout un nouveau champ d’exploration qui s’ouvre pour les chercheurs, dès le 25 août 2020 !

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Ecrit par
Bandrui
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